Un vieux modèle alimentaire à abandonner

04/05/2019

Le modèle du repas complet est encore très répandu: l'entrée, le plat, le fromage, le dessert et, bien sûr, le café pour clôturer le tout.

Ce que nous considérons culturellement et traditionnellement comme un repas idéal est à revoir à la lumière des études nutritionnelles, car il s'agit d'une très mauvaise association et donc d'un exemple à ne pas suivre.

Combien d'entre nous, en effet, peuvent se sentir bien et physiquement actifs, après un tel repas ? Et quand cette habitude se répète systématiquement tous les jours, deux fois par jour, quelles 
peuvent être les conséquences sur notre organisme ?

Les difficultés pour digérer notre repas traditionnel sont à rechercher dans les différentes modalités digestives, qui sont nécessaires à chaque type d'aliment.

Pour y voir plus clair, prenons quelques exemples de parcours digestifs.

Imaginons que nous commençons notre repas par une entrée à base de riz ou de pâtes.  

Le riz ou les pâtes font partie de la catégorie des glucides complexes ; quand ils arrivent dans l'estomac, ils ont déjà subi une première digestion, qui a eu lieu dans la bouche pendant la mastication.

C'est la ptyaline, une enzyme présente dans la cavité orale, qui est responsable de ce début digestif. Elle va poursuivre son action dans l'estomac pendant un certain temps, si la nourriture a été bien imprégnée de salive et si les conditions du milieu sont favorables.

Le riz, ou les pâtes, par le seul fait d'avoir été ingérés, ont mis en marche un mécanisme qui consiste à sécréter les substances aptes à la digestion et ce phénomène physiologique se répète pour tous les aliments qui font partie du groupe des glucides (riz, pain, pommes de terre, orge, blé, millet, épeautre, etc.).

Quand l'entrée à base de glucides est suivie d'un plat à base de viande ou de poisson, les conditions changent rapidement, car, pour que la digestion se fasse, les protéines contenues dans la viande ont des exigences qui sont à l'opposé de celles du riz, ou des amidons en général.

De nouvelles enzymes doivent être activées pour effectuer cette nouvelle digestion. Il s'agit cette fois d'enzymes spécifiques qui se trouvent non pas dans la bouche, mais dans l'estomac et qui sont spécifiques pour la scission des protéines en acides aminés. 

C'est dans ce cas l'acide chlorhydrique, activé par les cellules de l'estomac, qui entre en action. Sa présence fait changer le pH, modifiant ainsi le milieu qui deviendra acide.

Dans ce type de milieu acide, la digestion des glucides ne peut plus continuer (ils ont besoin d'un milieu alcalin pour poursuivre le processus commencé dans la bouche) ; elle sera donc, pour 
cette raison, temporairement suspendue.

En d'autres termes, à l'arrivée de la viande ou du poisson après du riz ou des pâtes, le bol alimentaire reste dans l'estomac beaucoup de temps, car la digestion de la viande aura la priorité sur celle des glucides.

Le riz devra donc « attendre » que la viande ait terminé son processus digestif dans l'estomac, qu'elle ait avancé dans son parcours, pour continuer à être digéré. 

Si, ensuite, à la fin du repas, nous ajoutons des fruits ou le dessert, nous augmentons encore les difficultés digestives déjà existantes. Les sucres simples, contenus dans les fruits ou dans les desserts, n'auraient pas besoin, à eux seuls, de subir une élaboration enzymatique au niveau gastrique, ils pourraient en effet passer directement dans l'intestin sans attendre dans l'estomac.

Dans l'intestin, ils seraient ensuite décomposés en parties plus simples et absorbés à travers les parois intestinales. En effet, leur digestion est normalement très rapide.

Voilà pourquoi il est vivement conseillé de manger des fruits seuls, sans y ajouter d'autres types d'aliments, et qu'il vaut mieux les prendre loin des repas.

Dans le cas du dessert, les sucres contenus ne se présentent jamais seuls, mais ils sont associés à d'autres composantes utiles pour faire un gâteau, un flan, une glace ou n'importe quel type de pâtisserie. Même si l'on considère les préparations les plus simples, les associations sont toujours complexes, car il y a des farines associées aux œufs ou au lait et le tout est presque toujours accompagné de sucre. 

La digestion de ce type d'aliments devient lourde, car elle doit prendre en compte un ensemble d'aliments très variés dont le traitement digestif s'élabore dans des endroits différents.

À l'arrivée du dessert, donc, le déroulement de tout le processus sera encore plus ralenti, car la quantité de nourriture a augmenté, les exigences de chaque aliment sont contradictoires et les sucres, eux aussi, doivent attendre leur tour.

Le résultat est facile à prévoir: les aliments, qui sont contraints d'attendre, fermentent et la digestion va durer beaucoup plus longtemps. 

Le café à la fin du repas, contrairement à ce que l'on pense, ne nous fait pas digérer; en fait, il contribue à augmenter le niveau d'acidité déjà existant. Mais, grâce à la présence de la caféine, il 
donne un coup de fouet au système nerveux ; c'est pour cela que nous avons l'impression de nous sentir mieux.

En d'autres termes, le café « couvre» simplement les différents petits troubles dus à la digestion, tels que le sommeil ou la torpeur ou encore la pesanteur que nous ressentons à la fin du repas classique et qui sont des signes typiques de fatigue digestive. Le café nous donne la sensation que tout se passe bien, tout du moins tant que nous ressentons l'effet de la caféine.

Une seule catégorie d'aliments n'interfère pas avec la digestion des autres types d'aliments, ce sont les légumes. Voilà pourquoi ils peuvent être mangés en association avec tout ce que nous voulons, sans déranger le bon déroulement de la digestion.  

Extrait du livre "Les Trois Piliers du Bien-être" d'Alexandra Moro-Buronzo