Réflexions sur la symbolique               de la fête de Noël

26/11/2019

Origine

Dans le calendrier julien, on regardait le 25 décembre comme le solstice d'hiver. On y voyait la nativité du soleil parce que les jours commencent à s'allonger. Ce rituel de la nativité du soleil nous a été décrit par plusieurs auteurs de l'Antiquité. On sait ainsi que les fidèles se retiraient dans des sanctuaires cachés d'où ils sortaient à minuit en criant : "La Vierge a enfanté ! La lumière croît !". Les Egyptiens représentaient même le soleil nouveau-né par l'image d'un petit enfant. Or, les fidèles de Mithra identifiaient leur dieu avec le soleil, le Sol Invictus. Et sa naissance tombait le 25 décembre.


Pourquoi l'Eglise a-t-elle décidé de célébrer la Noël ?

Car faire naître Jésus le 25 décembre privait le Soleil de ses adorateurs... 

Les évangiles sont muets quant au lieu et à la date de naissance de Jésus. Les premières versions des évangiles racontaient la vie de Jésus depuis son baptême jusqu'à sa résurrection. Les récits dits "de l'enfance" sont donc plus tardifs. 

La date du 25 décembre était très importante dans l'Empire romain parce c'était la date symbolique de la naissance de l'empereur romain considéré comme un dieu incarné depuis le règne d'Aurélien en 275. 

Après la conversion de l'empire romain au christianisme, la date du 25 décembre a donc seulement changé d'affectation :

  • La cérémonie de la fête de Noël est officiellement codifiée par l'empereur Théodose en 425. Elle est devenue exclusivement chrétienne. 
  • En 506, le concile d'Agde en fait une fête d'obligation. 
  • En 529, l'empereur Justinien en fait un jour chômé. Ensuite, la pratique romaine est appliquée dans tout l'Empire : 
  • En 461, saint Patrick l'institue en Irlande 
  • En 604, saint Augustin de Canterbury en Angleterre, 
  • En 615, saint Colomban en Suisse 
  • En 754, saint Boniface en Allemagne 
  • En 865, saint Ansgar dans les pays scandinaves 
  • En 865, saint Cyrille dans les pays slaves 
  • En 997, saint Adalbert en Hongrie 
  • Et à partir du XIIe siècle, Noël devient la plus grande fête dans l'Occident chrétien. 

En 440, le pape Sixte III décide de célébrer la messe de Noël à minuit, dans une petite chapelle de Sainte-Marie-Majeure qu'il avait fait construire en forme de grotte. 

La pratique des Trois Messes a été imposé par Charlemagne. C'est ainsi que s'est instituée (chez les chrétiens) la coutume de ne pas dormir durant cette nuit de Noël (que les païens pratiquaient depuis des temps immémoriaux)


Le Symbolisme de la Lumière

Noël et le solstice d'Hiver se fêtent au moment où le soleil atteint son point le plus bas sur l'horizon, au moment où les nuits sont les plus longues. La lumière extérieure a entièrement disparu dans les profondeurs de la Terre. Nous sommes à une saison où la lumière de l'Eté n'est plus qu'un souvenir et pas encore un espoir. Cette période est parfaitement adaptée à l'introspection

C'est le moment d'accompagner la lumière vers l'intérieur de nous-mêmes pour y éclairer les parties obscures dont nous n'avons pas trop conscience. C'est le moment du petit feu intérieur, celui qui demeure malgré les tempêtes et le froid extérieur. C'est la fête de la lumière retirée dans les ténèbres. C'est cette lumière que l'on retrouve dans les bougies du sapin ou sur celles de la couronne de la déesse Freya nordique.

C'est encore ce feu que l'on va retrouver dans la symbolisme de la bûche de Noël. C'est cette bûche que l'on allumait jadis à minuit, durant la nuit de Noël, et dont les brandons était censée protéger la maison durant toute l'année contre l'incendie. Ceci provient des anciennes traditions celtiques. Ils choisissaient une grosse bûche enrubannée et décorée par la maîtresse de maison. L'enfant le plus jeune la badigeonnait d'eau-de-vie. L'aîné l'installait sur un échafaudage de petit bois et de brindilles avant d'y mettre le feu avec un tison venant de la Saint-Jean d'Eté précédente. En brûlant, la bûche restitue la chaleur et la lumière solaire enfouie dans le bois. C'est ainsi que le soleil invaincu reste présent à la mort du vieux soleil de l'an qui finit.

La crèche : Elle est beaucoup plus récente que la fête de Noël qui lui a donné le jour. Les toutes premières représentations de la Nativité apparaissent en France au IVe siècle. Au musée d'art chrétien d'Arles se voit un Enfant Jésus couché dans son berceau, avec Marie à ses côtés - sans Joseph - visité par un berger avec sa houlette, et encadré par un âne et un boeuf.

Le sapin : L'arbre de Noël est un conifère à feuilles persistantes qui fait écho à l'arbre de mai. La tradition de l'arbre de Noël nous vient d'Europe du Nord où tous les arbres ont déjà perdu leurs feuilles sauf les conifères. Il s'agit d'ailleurs le plus souvent d'un épicéa et non d'un sapin. Le sapin est à l'image de la terre gelée comme pierre. Il ressemble au monde minéral et cristallin. Dans les pays scandinaves, le sapin illuminé était symbole de continuité, de permanence et de renouveau. Dans le calendrier des arbres celtiques, chacun des 13 mois lunaire de 28 jours était dédié à un arbre. Les 13 mois font 364 jours. Le jour manquant était le 23 décembre, jour de la mort du soleil, dédié à l'if. Le lendemain 24 décembre, jour de la renaissance du soleil, était dédié à l'épicéa, l'arbre de l'enfantement.  

Épiphanie : On a donc deux fêtes identiques : Noël et l’Épiphanie, célébrées la première en Occident le 25 décembre, l'autre en Orient le 6 janvier. Ces deux fêtes sont séparées par 12 jours séparés par le 1er janvier qui était, chez les Romains, le Jour de l'An. Ces 12 jours qui s'appelaient autrefois les "12 petits mois" ou les "12 jours" représentent le temps nécessaire pour la maturation du soleil. De tout temps, et bien avant le christianisme, ces 12 jours étaient symbole de bouleversement, de passage. C'est le temps nécessaire à la transformation. 

Durant ces 12 jours, alors que la vie reprend dans la profondeur des choses, le monde semble s'arrêter. Toutes les forces sont tendues dans l'attente du redémarrage de la nature. Et donc, toutes les activités humaines doivent également s'arrêter : on arrête les roues, les moulins, bref, tout ce qui rappelle la roue des mois. C'était la période où se situait la fête des Fous. Le 6 janvier était la fête de Bacchus, de Dionysos, d'Osiris, etc., c'est-à-dire des dieux du renouveau de la Nature. 

Extrait de Racines et Traditions en Pays d'Europe : https://racines.traditions.free.fr/