La Colère et la 4ème cervicale

02/06/2019

La colère est une émotion qui perturbera le fonctionnement de la 4ème vertèbre cervicale

Elle est très mauvaise conseillère et l'utiliser dans des confrontations joue toujours au désavantage de l'utilisateur. Même si on a raison, l'utilisation de la colère lors de négociations rend l'arbitre partial et déséquilibre les échanges.

Si on veut éliminer la colère, il est préférable de suivre une filière pacifique et on pourrait représenter la colère par un sac de sable de cinq kilos que l'on doit éliminer sans trop faire de dégâts.

Trois solutions d'emblée s'offrent à nous.

La première consiste à jeter ce sac de sable pour s'en débarrasser (en imaginant qu'on le jette par la fenêtre), au risque que quelqu'un le reçoive sur la tête et soit blessé.

C'est un peu ce qui se passe lorsqu'on exprime brutalement sa colère et que 'interlocuteur se sent agressé. Cette attitude ne sera jamais une attitude juste car la colère sera due à un excès de pressions. Celui qui se met en colère sera toujours mal jugé, même s'il a raison et la violence lui fera perdre, peut-être pas tout, en tout cas une partie de son combat.

La seconde consiste à garder ce sac de sable dans sa poche intérieure et marcher ainsi jusqu'à ce que les vêtements et ensuite le corps soient déformés. Cela correspond aux gens qui conservent leur colère jusqu'à la somatisation (psoriasis, eczéma, acné). 

Ils gardent en eux ces tensions que le corps extériorisera sous forme de maladies dites psychosomatiques.Cette solution, malgré sa fréquence, me paraît peu recommandable.

La troisième solution consiste à évacuer cette colère simplement, sans aucun remous, sans blesser personne, avec une sagesse parfaite. Ce sac de sable, on va simplement le placer dans la poche et on va trouer le sac et la poche, puis on va marcher longtemps. 

On laissera le sable s'écouler lentement le long de la Jambe et les milliers de petits grains tomberont sans déranger personne et sans que l'on s'en aperçoive. 

A la fin de la promenade, le sac de sable sera vide et personne ne se sera aperçu de rien. 

Cette méthode requiert une sagesse et une maîtrise certaines. Elle nécessite au préalable une élimination des souffrances relatives aux chocs encourus. Si cette souffrance disparaît, il est alors très facile de prendre du recul par rapport à cette colère et les rapports sont directement bien plus aisés.

Il me paraît évident que cette troisième solution est la meilleure. Elle nécessite une prise de recul grâce à l'élimination des souffrances marquées dans la mémoire cellulaire et tissulaire.

La colère peut être :

  • due à l'accumulation de tensions consécutives à une impossibilité de dire non.
  • due à un envahissement de territoire contre lequel l'individu n'est pas prêt (cf. naissance d'un petit frère ou d'une petite sœur).
  • «l'arme» qu'utilisera l'enfant pour montrer son opposition ou pour montrer son désarroi face à une injustice ou face à un manque d'amour.
  • le procédé que certains utilisent pour prendre l'énergie des autres.

Positivement, on dira qu'elle permet de marquer certaines limites et que certains l'utilisent pour ne pas « se laisser marcher sur les pieds », mais, même dans ce cas, la colère n'est pas bonne conseillère et la sagesse alliée à un calme olympien procurent généralement de meilleurs résultats. 

Comment ne pas citer cet exemple de Monsieur C. V., quarante ans qui, à l'âge de douze ans, a été dominé pendant deux ans par un grand de dix-sept ans?

Il s'est plaint à sa maman qui ne l'a pas «entendu », et il n'a été très déçu et surtout désemparé.

Il a développé une colère énorme par rapport à ce « grand» qui maintenant (le patient a quarante ans) n'aurait pas trop intérêt à croiser le chemin de Monsieur C. V.

Mais, il a aussi développé une colère énorme contre sa maman qui ne l'a pas protégé et l'a laissé vivre un calvaire pendant deux ans.

Depuis, cet homme a une migraine atroce et il présente actuellement des signes d'impuissance.

Cette impuissance résulte de la colère réprimée qu'il a envers sa mère et qu'il transfère sur sa femme. La colère l'empêche de vivre harmonieusement son couple.


De même, dans certains couples, le moment de réconciliation qui suit une dispute est souvent magique car on laisse tomber la colère pour ne pas perdre l'être cher auquel on tient.

La bonne énergie de l'amour peut alors prendre place après les moments de crise.

Mais s'il subsiste de la colère non exprimée après maintes discussions, celle-ci pourra parasiter les rapports humains au point de rendre le partenaire impuissant.

Cet homme, Mr C.V. veut dominer sa femme comme il aurait voulu dominer sa mère et, surtout, le « grand» qui le martyrisait, mais comme il veut retrouver son autorité, son autonomie, son potentiel dans la colère, alors il perd toute puissance et devient impuissant. 

Extrait du livre "Le langage émotionnel du corps" de Roger Fiammetti