Gluten ou pas gluten ?

01/02/2019

Évincer le gluten de son alimentation ne suffit pas à retrouver des intestins en pleine forme. Et si, en plus, cet ensemble de protéines n'était pas vraiment le fautif? Le raccourci a parfois été trop rapide et les réactions mal interprétées. Comment, dès lors, restaurer sa santé intestinale?

Le gluten, c'est la substance visqueuse constituée des protéines gliadine et gluténine de blé, seigle, épeautre, orge qui donne à la pâte à pain son élasticité au contact de l'eau. Il est admis depuis un certain temps qu'il peut provoquer des intolérances intestinales, jusqu'à la maladie cœliaque, cette destruction de la paroi de l'intestin grêle touchant 1 personne sur 2000 dans le monde (soit 0,05 %).

Ces dernières années, les produits sans gluten ont envahi les rayons des supermarchés, les industriels ayant vite fait de surfer sur cette nouvelle niche économique. Pourtant, y regarder de plus près, ce n'est pas tant le gluten qui pose problème que la transformation du blé, un blé génétiquement modifié et largement pesticidé et fongicidé. Pour preuve, la consommation de seitan bio (gluten pur) ne déclenche aucune crise chez la plupart des intolérants. Évidemment, l'éviction des produits laitiers industriels, surtout ceux issus de la vache, est indispensable en cas de fragilité intestinale ou en prévention. 

Rappelons aussi que les ennemis du système digestif se trouvent dans l'alcool, les pesticides et les divers additifs industriels chimiques. Ces derniers ont rendu nos intestins « poreux», contribuant à creuser le trou de la Sécurité sociale.  

Les pesticides du blé actuel contiennent du mercure: une fois ingéré, ce métal lourd prend la place du zinc - celui-là même qui nous permet de digérer le gluten - au sein de la cellule intestinale. D'autre part, pesticides et fongicides assassinent notre flore et asphyxient nos cellules comme ils le font contre les champignons, en s'attaquant directement à la respiration cellulaire par le blocage d'une enzyme indispensable. Cet effet est reconnu cancérigène, mais l'alerte des spécialistes n'est ni entendue ni appliquée au niveau des produits phytosanitaires autorisés en France. 

Ajoutons à cela les organismes génétiquement modifiés (OGM), dont le blé est la victime principale, et les additifs alimentaires toxiques dans les produits transformés, à base ou non de blé (pâtes à pizza, pains, plats préparés).

Pour autant, éviter toute trace de gluten, de produits laitiers, de pesticides et d'additifs ne garantit aucunement la guérison. Si elles créent un mieux-être, ces évictions contribuent néanmoins à une désocialisation de la personne qui s'y soumet. Commencer par nettoyer, détoxiquer, puis équilibrer et enfin dynamiser notre système digestif au complet grâce aux connaissances transmises par la nature, les recherches et l'expérience est un programme plus intéressant sur le long terme et plus efficace.

Une autre maladie liée à la sensibilité au gluten 

Le syndrome du côlon irritable ou colopathie fonctionnelle touche 15 % des personnes. Il s'agit d'une difficulté à digérer les sucres fermentescibles, rapidement fragmentés par les bactéries présentes dans les intestins), 

Les régimes ou programmes qui excluent les aliments concernés ne solutionnent pas le problème à long terme. Il faut d'abord limiter les produits incriminés pour stopper les douleurs, puis rétablir l'équilibre, donc changer l'hygiène de vie (cuisine, stress, environnement, nutriments). 

Sans gluten, mais encore plus toxique!

Les aliments sans gluten ont souvent un index glycémique plus élevé, car ils sont fabriqués à base de maïs. Sans gluten ne veut donc pas dire meilleur, malgré ce que professent des industriels à la vision étriquée.

Bien sûr, le maïs reste facilement transformable et peu cher, mais lorsqu'il n'est pas bio, c'est une forme génétiquement modifiée qui se retrouve dans les rayons des magasins bio. Pour manger des gâteaux, mieux vaut donc toujours les faire soi-même. 

S'occuper de son intestin irritable

L'intestin est irrité et gonflé si on lui «parle mal» (quand on lui envoie nos émotions négatives ou qu'on l'ignore), alors qu'il serait bon de lui «dire des mots doux» pour l'énorme travail qu'il fait...

N'hésitez donc pas à le masser et à l'hydrater, mais aussi à marcher et respirer profondément, en imaginant, pourquoi pas, un soleil souriant dans votre ventre que vous remercierez!

Les farines idéales pour les intestins

Misez sur celles de sarrasin, châtaigne, coco, riz et épeautre germé (avec gluten) ainsi que la fécule de ainsi que la fécule d'arrow-root (extraite des rhizomes d'une plante tropicale, la Maranta), conçue spécialement pour lutter contre les troubles digestifs.

D'autres farines existent mais elles donnent une amertume non appréciée dans les pâtisseries.

Un élixir entre ciel et terre 

Il existe un moyen imparable pour mieux digérer les sucres fermentescibles, mais également pour abaisser l'index glycémique d'un repas riche en féculents ou divers sucres. Il s'agit de prendre une cuillère à soupe de vinaigre de cidre bio non pasteurisé au cours du repas,

Plutôt que d'éliminer des aliments sains, ce qui serait une aberration, mieux vaut chercher solution à cette fermentation douloureuse née de nos bactéries intestinales se nourrissant de sucres.


Il se trouve que le vinaigre de cidre est connu pour son effet positif sur le diabète (il abaisse l'index glycémique des repas) et son action anti-fermentation (il supprime les odeurs fécales formées par la décomposition de la nourriture dans l'intestin). 

Il est donc opportun pour améliorer les troubles digestifs.

Extraits de la revue Alternative santé n°60 de septembre 2018

Article "Intestins malades - Supprime le gluten ?" de Frédérique Chataigner