De l'eau fraîche aux arômes naturels

01/06/2019

Si l'eau toute simple n'est pas votre tasse de thé, pourquoi ne pas lui donner un peu de caractère en l'aromatisant? Les grandes marques d'eaux minérales exploitent le filon et proposent aujourd'hui des versions citronnées, mentholées ou à la fraise. Cela dit, au vu des arômes artificiels, des exhausteurs de goût et des glucides que ces eaux aromatisées contiennent, difficile 
de parler ici de boissons saines ! En outre, quand elles affichent une mention sans sucre, elles sont parfois saturées d'édulcorants.

Les préparer soi-même reste donc la meilleure solution. 

Premier challenge, choisir son eau :  

Pour être considérée comme potable, celle du robinet doit répondre à plus de 70 critères de qualité sanitaire et environnementale (ce qui en fait le produit alimentaire le plus contrôlé). Il n'en reste pas moins qu'elle peut contenir des résidus d'antimoine, d'arsenic, de cadmium, de mercure, de nickel, de nitrates, de plombs, de pesticides, d'hormones ... 

Ces substances chimiques n'apparaissent qu'à l'état de traces, bien entendu, mais si l'on peut se passer de ces indésirables, capables de se fixer dans l' organisme (notamment les métaux lourds), c'est toujours mieux. 

En effet, l'eau transmet un message vibratoire qui peut être altéré par ces rnicropollutions. « On doit donc commencer par filtrer son eau de boisson, explique Patrice Mairot, biologiste et conseil en nutrition chez Natavea. Utiliser une carafe filtrante est un premier pas, mais mieux vaut traiter l'eau avec un système d'osmose inverse, qui réalise trois niveaux de filtration. Déminéralisée, cette eau filtrée peut être toutefois préjudiciable lorsqu'elle est consommée quotidiennement. On ajoute alors une goutte de sérum de Quinton par litre d'eau, ce qui l'enrichira de minéraux marins» 

Les eaux minérales offrent l'intérêt d'un apport constant en minéraux. Ce qui n'est pas le cas des eaux de source. Pour une consommation quotidienne, autant privilégier celles pauvres en minéraux comme Mont Roucous, Rosée de la Reine, Valvert, Volvic ou Évian, car les eaux plates riches en magnésium et en calcium [Hépar, Contrex ... ) peuvent surcharger l'organisme. 

Des études ont révélé qu'un excès de calcium dans le sang pouvait engendrer des calculs rénaux ou biliaires et même une rigidité artérielle. 

Quant aux eaux gazeuses, plus concentrées en sel délétère pour notre système cardio-vasculaire, on les réserve pour digérer après un gros repas ou pour se reminéraliser après le sport.

Choisir ses plantes, ses fruits

Faites maison, les eaux aromatisées s'enrichissent de fruits frais: tranches de citron ou d'orange tonifiants, de fraise riche en vitamine C, de pêche, de nectarine ...

«L'aromatisation de l'eau permet aux personnes qui ne boivent pas assez d'augmenter leur consommation d'eau avec très peu de sucre ajouté», souligneAude Laurent, diététicienne-nutritionniste.

On peut aussi glisser des plantes fraîches dans son eau de boisson. De la menthe, de la mélisse, de la coriandre fraîche, de l'aneth au goût anisé. «On prendra soin d'éliminer tous les fruits et les plantes qui présentent une dégradation (souillure, moisissure), précise Delphine Pocard, créatrice culinaire, auteure et blogueuse. Et on évitera de laisser fruits et plantes macérer trop longtemps, afin de prévenir tout développement bacrien. Pour une macération réussie, compter trois ou cinq heures et au réfrigérateur. 

Et, avant de servir; on écrasera un peu ces ingrédients pour qu'ils délivrent leurs arômes» ••• 

Des infusions et macérations froides 

Fabriquer ses propres infusions froides permet de contrôler son apport en sucres et d'éviter les additifs. « Pour obtenir ces boissons gétales, deux modes de préparation sont possibles

Faire une maration de plantes dans une eau froide ou une infusion classique à chaud (pendant huit à dix minutes), qu'on laisse ensuite refroidir au réfrigérateur

Même si l'eau est le solvant par excellence, 15 à 20 % seulement des actifs thérapeutiques se libèrent lors d'une macération à l'eau froide. L'effethérapeutique n'est donc pas aussi marqué que celui que l'on obtient en faisant d'abord infuser des plantes sèches dans dl'eau chaude», assure Amaya Calvo Valderrama, ingénieure agronome et auteure.


À ce stade, quelles plantes sélectionner? 

Celles qui peuvent aussi bien s'épanouir dans l'eau froide que dans l'eau chaude, tels la menthe verte, la racine de réglisse, la feuille de cassis, la fleur d'hibiscus, la mauve, la lavande, le millepertuis et la reine-des-prés. « La préparation à froid permet de conserver les mucilages, comme c'est le cas avec la mauve, une antibactérienne qui apaise les gastroentérites de l'été et gagne donc à être réalisée de cette façon», poursuit le docteur en anthropologie Claire Laurant-Berthoud, ethnobotaniste et auteure


La Mauve donne, en outre, une belle coloration bleue à l'eau. La couleur sera rouge en revanche avec la fleur d'hibiscus, cette grande antioxydante dont la vitamine C est préservée si on se contente de la plonger dans l'eau froide - de même avec la subtile feuille de cassis.

Selon le mode de préparation, les saveurs vont aussi se modifier. Macérée à froid, la fleur d'hibiscus développe une tonalité plus douce tout en conservant ses mucilages bénéfiques à notre système digestif. Elle est beaucoup moins acide que lorsqu'elle a été chauffée.

Infusée, la délicate feuille de cassis renforce son goût de fruits et dévoile alors un pouvoir circulatoire bien utile en été. Autre plante à visée circulatoire: la vigne rouge, qu'on prépare uniquement à chaud, mais qui va perdre sa saveur métallique une fois refroidie. 


Extraits de la revue Pantes et Santé n° 202 de juin 2019