Bien gérer ses besoins

30/08/2018

Le stress qu'engendre au quotidien la non-satisfaction de nos besoins et désirs est source de frustration et de repli sur soi, voire de déprime. Pour sortir de cette spirale, demandons-nous quelles choses nous sont vraiment nécessaires, et réapprenons à nous traiter nous-mêmes avec bienveillance pour cultiver les pensées positives.

La partie la plus archaïque de notre  cerveau, notre cerveau reptilien, assume un rôle fondamental, celui de réguler la satisfaction de nos besoins essentiels (dormir, manger, boire, se reproduire) et assurer aussi nos besoins d'intégrité, de sécurité, d'identité face à toutes formes de menaces. Si nos besoins ne sont pas satisfaits, notre humeur change de façon radicale : l'état de motivation cède la place à un stress qui indique un besoin insatisfait à travers des manifestations émotives telles qu'agitation, larmes ou cris.

Ces réactions sont des signaux d'alarme : elles nous demandent de satisfaire d'urgence nos besoins. Quand le besoin est satisfait, on parle de «stress positif». Quand, malgré la pression émotionnelle, le besoin demeure insatisfait, le stress est alors négatif. Insécurisés, renfermés sur nous-mêmes, nous ne trouvons plus d'autre solution que de sombrer (suivant l'intensité du stress) dans l'angoisse, dans la violence vis-à-vis d'autrui ou de nous-mêmes (somatisation). Les douleurs psychosomatiques sont autant de messages que notre cerveau continue de nous envoyer, jusqu'à ce que nous agissions dans le sens de nos besoins.

Comment assurer notre bien-être ?

• De façon inconsciente, nous vivons le monde et les relations à autrui à travers le filtre de nos besoins et le prisme de leur satisfaction. Il est donc fondamental d'être vigilant et bienveillant vis-à-vis d'eux, et de comprendre les raisons de notre manque de vigilance pour le pallier.

• L'insatisfaction d'un besoin entraîne l'installation immédiate du stress et l'activation d'un système de défense, à travers une réaction de fuit e, de lutte ou de repli sur soi. Reconnaître et satisfaire nos besoins est la meilleure garantie contre le recours à ces mécanismes de défense.  

Notre responsabilité vis-à-vis de nous-mêmes est immense: à nous de nous réapproprier ce qui nous appartient, en prenant conscience de nos besoins et de nos manques, en accueillant et décryptant nos émotions. Libérés de la culpabilité et de l'incompréhension, nous pouvons accéder à notre potentiel et le libérer en une source de connaissance et de bonheur. Nous devenons ainsi notre propre personne-ressources et développons l'attitude éminemment utile, trop rarement  adoptée, de la «bienveillance envers soi»

Dynamique de valorisation 

Notre façon de nous parler à nous-mêmes est souvent trop sévère, voire insultante. Ces discours internes sont souvent des exagérations qui ne correspondent pas à la réalité. Il suffit de se demander si nous tiendrions le même discours à notre meilleur ami, s'il  était dans cette situation. 

Repérer et corriger un tel discours négatif permet de se remettre dans une dynamique de valorisation propice à l'action. Un discours intérieur favorable permet de s'ouvrir à d'autres possibles. On peut alors s'autoriser une vision de soi et du monde dans laquelle nous sommes des êtres raisonnablement capables. Il s'agit de créer des pensées objectives et favorables qui répondent à 6 critères: 

• Un message formulé au présent : «Je vais trouver du travail» est un pari sur un avenir incertain par nature. Votre cerveau n'est pas dupe, il ne croira pas une seconde à votre message. Il préférera un
message qui porte sur le présent, donc observable et vérifiable: (d'agis chaque jour pour retrouver un emploi.» 

• Un message bienveillant : Le premier critère d'un discours intérieur qui favorise l'estime de soi et un état d'esprit plus positif, c'est de se parler à soi-même avec bienveillance. Se parler comme on voudrait qu'on nous parle. 

• Un message auquel vous croyez : Il est essentiel d'être en accord avec le message. Il est donc important de chercher un message que vous considérez comme suffisamment objectif pour que vous et votre cerveau soyez en accord avec lui. 

• Un message crédible qui correspond à la réalité : «Je travaille chaque jour à retrouver un emploi» peut être un discours intérieur utile. Mais si cela fait trois semaines que vous n'avez pas consulté
les petites annonces, votre cerveau va se contenter de vous renvoyer la culpabilité liée au mensonge, assaisonnée d'un peu de procrastination. Trouvez donc un message qui corresponde à la situation. 

• Un message formulé à l'affirmative : Nous nous faisons des représentations mentales. Si vous pensez: «Je ne suis pas nul» ou «je cesse d'être nul », votre cerveau se fait une représentation de ce qu'il considère comme le comportement d'un nul et va s'attacher à ce que la réalité y corresponde. Formulez un message qui représente ce que vous voulez à la place 

• Un message personnel : Formulez vos messages à votre manière, choisissez des mots qui ont du sens pour vous.

Article de Nathalie Queyrel - Extrait de la revue Alternative Santé n° 58 de juin 2018